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Jimmy c’était mon pote |
Avant l’arrivé d’internet haut débit et de la prise de conscience par les chaînes françaises du potentiel économique des séries TV (notamment anglo-saxonne), le choix était simple : regarder la 37ème diffusion de la petite maison dans la prairie ou une sitcom ringarde mal doublée.
Message personnel pour ma mère et ma sœur : Non Madame est servie n’est pas la quintessence du genre (de toute façon Alyssa Milano n’était pas encore majeure, sans grand intérêt donc).
Un premier pas fut franchi avec l’arrivée successive de la 5 et de M6 et son lot de séries qui sentaient bons l’huile de vidange (remember les dimanches après midi K2000 – Tonnerre Mécanique – Supercopter – Riptide) mais globalement les chaînes continuaient à faire leur marché au rayon surgelé des networks américains.
A l’exception de quelques trafiquants qui parvenaient à s’échanger des VHS sous le manteau, l’offre était mince.

Et la lumière fut.
Aux débuts des années 90 et sur l’impulsion de Michel Toulouze et de Michel –GOD- Lescure, la résistance commença à s’organiser et quelques chanceux parabolés ou câblés firent la connaissance d’un certain Jimmy et devinrent rapidement membre du Canal (historique) Jimmy.
Comment ne pas devenir addict à une chaîne qui nous a fait découvrir Dream On, Seinfeld, NYPD Blue, Father Ted, Twin Peaks (pour ceux qui ne l’ont pas vu sur la 5), Game On, Bottom, Friends, My So Called Life, The New Stateman, Ab Fab, Twitch City, Earth 2, Profit, South Park, Les Sopranos, Six Feet Under … Mes années lycées ont été rythmées par ces vendredis soirs en compagnie de par Martin Tupper et ses copines, Kramer, Andy Sipowicz, Martin Henderson ou Dale Cooper. Je vais arrêter la sinon je crois que je vais chialer.
Mais Jimmy c’était aussi l’actualité des séries avec le rendez vous mensuel Destination Séries présentées par Dionnet et Carraze. Une première pour l’époque.
Les films diffusés ont également concouru à la construction cinéphilique de toute une génération de boutonneux.
Jimmy était passionné par un tas de choses : la culture pop US évidemment, mais également la musique avec Top Bab présentée par l’inénarrable Maneuvre (on osait même une émission country en totale look daim !!!), les voitures ancien
nes (Cambouis), les motos (4 en 1), l’humour surréaliste de Baer Wizman et leur Grosse Boule. La liste est trop longue et ma mémoire poreuse.
Bref Jimmy avait bon gout et surtout Jimmy était fluent (qui aujourd’hui proposerai uniquement de la VO).
La seule fausse note à déplorer est le lancement de la carrière de Bataille et Fontaine mais on lui pardonne.
Malheureusement avec l’arrivée en masse de chaînes (de merde), Jimmy a été rattrapé par le démon audimat et son pote rentabilité. Dés 1997, la chaîne se met au français, supprime ses émissions pour se concentrer sur les séries. En 2003, la chaîne est rebaptisée Jimmy et initie sa longue descente vers la médiocrité et l’uniformisation, à base de programme érotique faisandée, de catchs mexicains et d’épisodes de Navarro (à noter que Bataille et Fontaine sont toujours la mais au moins maintenant on ne s’en étonne plus). Sans atteindre le niveau abyssal d’une TV Breizh ou d’une chaîne lambda de la TNT, elle n’est aujourd’hui en rien digne de ses brillants débuts.
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